- J'ai effectivement les joues en feu, le coeur qui cogne, et le regret que tu ne sois pas là pour profiter de mon trouble. Je ne dirai pas que sur ma gorge, une légère rougeur, un rosissement est apparu. Qu'au creux de mes reins s'est produit une décharge électrique... Il vaut mieux que je ne le dise pas.
- Ne le dit pas, pas plus que je ne te dirais que je suis presque gêné de te troubler, alors que mon corps lui ne s'embarrasse pas, que mon sexe cogne dans mes sous-vêtements, que j'ai comme un bourdonnement dans le ventre, non, je ne le dirais pas...
- Alors je vais taire l'excitation sourde qui me submerge, la sensation précise et diffuse à la fois, qui part de mon entre-jambes, érige mes seins, me tord et me noue le ventre, et le tremblement irrépressible que je sens monter, comme un appel bestial, où l'intellect n'aurait plus que fonction de sublimer la chair.
- Je vais détourner mon regard de tes mots, oublier mon corps, ne plus penser à ce sexe dur, presque indécent, à ma gorge sèche, à tes seins pointant, à tes dentelles, à la chaleur de ton corps, de ton ventre, de ton sexe, à cet appel bestial qui me pousse à prendre l'avion, franchir l'océan pour te retrouver et te faire l'amour.
- Je vais cesser de penser à tes mains sur moi, à ce qu'elles pourraient faire de mon corps. Je vais oublier. Je veux me noyer dans l'oubli. Pour ne plus sentir cet indicible manque de toi, où les moindres particules de mon corps se révoltent de ton absence.
- Oublier ces mots, ne plus penser à ton corps allongé sur ce lit d'hôtel dans la nuit américaine, à la blancheur de ta peau, à tes cheveux blonds, à ton soutien-gorge que je dégraferais pour découvrir ta poitrine belle et généreuse, au contour des aréoles, à cette culotte de dentelle que je ferais glisser, soulevant légèrement tes fesses, puis le long de tes cuisses, découvrant des hanches immaculées, ta toison dorée, tes jambes serrées, presque pudiques.
- Arrêter d'envisager ta peau rencontrant la mienne, nos salives se mêlant, nos corps se répondant, ivres de possession, enfin... Faire comme si tout cela n'avait pas d'importance, que la vibration au coeur de mon sexe, de celle qui le fait s'entrouvrir et s'épanouir, attendant d'être complété n'existe pas.
- Comme si l'envie de sentir tes mains faire glisser ma veste de costume, déboutonner ma chemise, défaire ma fermeture éclair, glisser mon pantalon sur mes fesses ne soit qu'un rêve, que ce verre de champagne que je verserais au bord de tes lèvres fermées, allongé à demi-nu à côté de toi, coulant dans ta gorge et dans ta nuque, ne soit qu'une illusion pétillante...
- Que le vin s'insinuant lentement, coulant de ma gorge vers mes seins, leur sillon, ne soit qu'une image fantasmée. Que du bout de ta langue, tu recueilles le précieux liquide, effervescent encore sur ma peau, picotant tes lèvres, ta tête perdue sur ma poitrine, mes mains dans ta nuque,... Que tout cela ne soit qu'un rêve évanescent, fugace alors que la possession physique nous est interdite.
- Que cette amertume sur le bourgeon de tes seins ne soit pas réelle, que la sensation de ta peau sous ma langue ne soit que songe, que la fraîcheur de tes hanches sur la paume de ma main ne soit que rêverie.
- Que ton prénom murmuré dans la semi pénombre, que tous ces mots que je t'aurai dit, pour te guider, t'aiguiller vers mon plaisir, tout les mots que je t'aurai dit pour te donner plus envie encore, que tout cela ne soit qu'effet de mon imagination. Comme ma main sur tes fesses, jouant près de ton sexe, frôlant tes bourses, comme ma bouche assoiffée de toi, comme ma peau en ébullition....
- Que cette sensation de fatigue après le vol ne soit que l'expression de mon imaginaire ensommeillé, que je ne sois pas rempli de désir tout autant que fourbu dans cette chambre d'hôtel, te regardant, ton menton rond luisant de champagne, sentant ta main jouer avec mon sexe, écartant les pans de mon sous-vêtement pour mieux le découvrir, pour mieux le guider vers ton ventre giron, vers ta toison douce, vers les lèvres de ton sexe en fusion...
- Qu'enfin nos corps assemblés, imbriqués, après tant de désir frustré, semblant ne faire plus qu'un, naturellement, apprenant à modeler un rythme, une respiration commune, s'aimant de toutes leurs forces, prenant un plaisir immense, que cette vision de nous allongés sur ce lit, toi en moi, mes doigts courant le long de tes tempes, ne soit qu'une illusion.
- Que la simplicité de cette étreinte, de mon corps jouant sur le tien comme une vague ne soit pas vraie, que le tintement de verre brisé de la coupe sur le sol ne couvre pas totalement ton gémissement à la septième vague de mon assaut...
- Que la lave dans mon ventre, submergeant tout, jusqu'à mon cerveau qui en perd tous ses repères, alors que tu te répands en moi, que tu m'annihiles et me matérialise à la fois, me faisant jouir comme jamais encore auparavant, que tout cela n'ait été qu'une divagation, une projection....
Un fantasme.
Inassouvi.
- Que nous ne nous soyons pas endormis, nus, enlacés, l'un contre l'autre, épuisé par ce transport, beaux et fragiles, sous la lumière des néons des gratte-ciel de cette ville américaine, au son de l'air conditionné et des sirène hurlantes de la rue.
Qu'il ne se soit agit que d'un songe d'Amérique, souvenirs de ces explorateurs de l'Aéropostale, pendant que mon âme et mon coeur volent encore au dessus de ton corps, explorateurs de tes hanches généreuses, abandonnées, de ton ventre blond et soyeux, de tes seins, de ta gorge, de ton menton, du lobe de tes oreilles, pendant que mon sexe pâle, long et généreux caresse tes cuisses, ta taille, ton nombril, pour mieux glisser vers ton vagin humide et te prendre longuement...
Ecrit avec Moïra

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