mardi 1 février 2011

Respiration

Respirer par le ventre c'est mieux.
Inspirer profondément, sentir son ventre se tendre, respiration yogique, la vibration qui monte doucement, une certaine oscillation... Expirer, sentir son ventre se détendre, au point que la ceinture du jean se détache du bas ventre dans une caresse charnelle agréable et électrique qui inonde votre peau déjà si sollicitée.
Le tissu rugueux qui se tend, dans un craquement, la chaleur intenable qui se répand, immense vague léchant une plage inatteignable, elle comprime votre ceinture abdominale, votre sexe, vos testicules… Expiration… Il vous faut impérativement vous dégager de l’influence de votre libido pour atteindre la libération… Le combat est dur… Libérer votre ceinture, dégrafer les boutons de votre jean, saisir votre sexe à pleine main serait si facile.. S’en emparer… Il ne faut pas… Concentrer vous sur La respiration. Ne pensez pas à ses seins, à son ventre, à ses hanches généreuses… Pensez à l’oiseau, au ciel, à l’arbre dans le vent… Ne pensez pas à ses mains sur votre corps ; à sa bouche dans votre cou ; à sa peau contre la vôtre… A ses ongles dans les premières boucles de votre toison brune, glissant vers votre queue gonflée de désir… Pensez à l’onde, à la rivière scintillante, aux arbres frémissants sous la caresse du vent. Le vent… Faire l’amour dans ce jardin, sentir l’air sur votre sexe, sur votre poitrine, vos tétons si insensibles d’habitude… Ne pas penser à prendre ses seins lourds et fermes dans vos mains, dans votre bouche… Pensez à la respiration, longue et profonde venant du tréfonds de vous. L’air qui afflue dans vos poumons puis faire le vide, se libérer… Vous n’y tenez plus, l’excitation est à son comble, vous oubliez la respiration. Elle est là et vous la saisissez alors qu’elle tente de s’échapper en riant, vous la saisissez par les poignets, elle est dos à vous, vous vous collez à elle, votre sexe dur dans la raie de ses fesses… Et elle rit encore… Le vent souffle mais vous l’avez déjà oublié, seul compte sa peau, ses tétons durcis, sa croupe et ses hanches frémissantes dans vos mains… Elle s’incline toujours riant, plonge sa tête dans le coussin du transatlantique et dresse ses fesses vers vous, elle s’offre, vous prenez ce cadeau et glissez délicatement votre sexe dans son fourreau brûlant, sans même prendre la peine de faire honneur à son clitoris déjà enflammé… Elle se tend sous vos coup de boutoirs, se cambre et gémit… Il est déjà trop tard, elle a ramené sa main sur son bas ventre, fouille sa propre fente à la recherche du rubis, caressant votre queue du bout d’un doigt au passage… Submergée par le plaisir, elle n’a plus conscience de votre présence ! Vous n’y tenez plus, va et vient, va et vient… Elle se cambre encore, gémit un peu plus, elle rit toujours, nerveusement, son ventre gonfle, vous sentez sa chatte se lover autour de votre queue, signe d’un désir au bord de l’explosion, signe bestial auquel vous ne pouvez résister… Vous explosez, votre sperme jaillit dans une longue giclée chaude et électrique… Elle jouit, frémit de se sentir inondée de ce liquide brûlant qui l’arrose… Un frisson énorme la foudroie, elle est remplie, heureuse, comblée… Vous respirez, libéré, exténué, amoureux, bien dans votre peau, ses seins sont chauds, ses cheveux blonds sentent bons, vous vous écroulez… Le soleil de janvier se couche derrière la colline…
“- Bloody Mary ?”
“- Avec plaisir… Je t’aime…”

Ecrit à deux mains avec Moïra.

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