La chaleur était lourde sur les bords de la Volga. Dès le matin, j’avais ressenti le besoin de sentir la fraicheur du fleuve pour me ressourcer après l’orgie de la veille.
Tous ces hommes regardant mes formes dans ma robe fourreau alors que je n’étais là que pour le plaisir d’accompagner une amie. Je me sentais presque salie de tous ces regards remplis de désir et de vodka ; je ne pouvais m’empêcher d’imaginer tous ces mâles en rut, contenant mal leurs érections dans leurs pantalons à pinces de bourgeois de province, je ne pouvais m’empêcher de les imaginer, ivres, au petit matin, se masturbant dans leurs salles de bain à l’abri du regard de leurs épouses, en pensant à mes fesses, à mes seins, à mes hanches, figurant dans leurs cerveaux embrumés des idylles et des scènes d’amour et de sexe sans espoir, me voyant nue dans leurs bras de moujiks arrivés… Comme une vague sensation d’écoeurement. Et le fleuve pour me laver de tout cela, l’eau protectrice, fraîche, douce, sur ma peau presque nue…

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire